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 NELSON MANDELA, l'icone passe de l'autre coté

 

La lutte pacifique contre l'oppression

Né en 1918 au sein d’une famille bantoue cultivée et influente, Nelson Mandela entreprend des études de droit. Conscient très vite de la ségrégation raciale à l’encontre des noirs en Afrique du Sud et influencé par Walter Sisulu, il intègre l’African National Congress (ANC). Très vite, il devient l’un de ses principaux leaders, notamment avec la création de la Ligue de la jeunesse. Fondateur du premier cabinet d’avocats noirs d’Afrique du Sud, il mène des campagnes non-violentes jusqu’au massacre de Sharpeville, en 1960. Lors de cette journée du 21 mars 1960, des manifestations sont organisées pour protester contre le port obligatoire du passeport. Le drame se produit lorsque la police ouvre le feu. On dénombre plus de 60 morts.

 

Une radicalisation des idées

 

Le gouvernement ayant interdit l’ANC à la suite du drame, Mandela décide de poursuivre la lutte clandestinement et de prendre les armes. Il met en place des actions de sabotages et de grève générale, afin d’entretenir la guérilla. Mais dès 1962, il est arrêté puis condamné à la prison à vie en 1964. Ses 27 ans d’incarcération à Robben Island, puis à Pollsmoor, n’ont jamais entaché sa popularité. 

 

 

La fin de l'apartheid en Afrique du Sud

À sa libération, il devient président de l’ANC puis négocie avec Frederik de Klerk sur le sort du pays. Afin d’honorer les efforts de Nelson Mandela et De Klerk pour mettre fin à l’apartheid, les deux hommes reçoivent le prix Nobel de la Paix en 1993. Puis, ils s’accordent sur un gouvernement multiracial et les premières élections présidentielles donnent le pouvoir à Mandela. Il devient le premier président noir de l’Afrique du Sud le 27 avril 1994. Il met alors en œuvre une politique de réconciliation difficile avant de laisser la place à Thabo Mbeki, en 1999. Après un seul mandat présidentiel, Nelson Mandela se retire de la vie politique. Mais il ne cesse jamais de soutenir l’ANC.

 

Une vie au service des autres

Durant les années 2000, il s’engage cette fois dans la lutte contre la pauvreté et le sida, véritable fléau, longtemps négligé en Afrique du Sud. Mais sa santé décline, après un cancer de la prostate, il souffre d’une infection pulmonaire chronique probablement liée à ses nombreuses d’emprisonnement. Son 90ème anniversaire en 2008 est fêté comme une fête nationale.


Nelson Mandela est décédé le 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans.

 

Dates clé de sa vie

 

1960

21 mars

Massacre de Sharpeville
Pour protester contre le port obligatoire du passeport, en vigueur depuis la promulgation du "Pass Law Act", de nombreuses manifestations sont organisées en Afrique du Sud, avec l’encouragement de l’African National Congress (ANC) et du Panafrican Congress (PAC). Mais le rassemblement de Sharpeville tourne au drame lorsque la police ouvre le feu. On compte plus de 60 morts et près de 180 blessés. Les réactions sont immédiates en Afrique du Sud comme sur le plan international. D’autres manifestations de protestations auront lieu, tournant à l’émeute et étant accompagnées de grèves générales, normalement interdites. À la suite de l’événement, les organisations du PAC et de l’ANC seront proscrites, poussant cette seconde à agir clandestinement et à prendre les armes.

1964

12 juin

Mandela est condamné à perpétuité
Nelson Mandela et sept autres membres de l'African National Congress (ANC) sont condamnés à la prison à vie pour trahison. Mandela refusera d'ailleurs d'être libéré en échange de son renoncement à la lutte armée contre l'apartheid. Après 27 ans de captivité, il sera libéré par le président sud-africain Frederik De Klerk. Mandela sera élu président de la République sud-africaine en 1994.

1990

11 février

Libération de Nelson Mandela
Après 27 ans d’incarcération dans la prison de Paarl, Nelson Mandela est libéré, sous la présidence de Frederik De Klerk. En 1964, il avait été condamné à la prison à perpétuité pour trahison, après avoir lutté contre le régime de l’apartheid. Depuis son incarcération, il était devenu le symbole de la lutte pour la liberté des Noirs en Afrique du Sud. En avril 1994, il sera élu président de la République sud-africaine, juste après avoir obtenu le prix Nobel de la paix avec De Klerk.

1993

15 octobre

Prix Nobel de la paix pour Mandela et De Klerk
Les deux Sud-africains reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur du démantèlement de l'apartheid en Afrique du Sud et de l'égalité raciale. Libéré par De Klerk en 1990 après 27 ans de prison, Mandela est récompensé pour son combat en faveur de la démocratie. Le plus célèbre des détenus politiques deviendra président de l'Afrique du Sud le 27 avril 1994.

1994

27 avril

Mandela président
Lors des 1ères élections démocratiques d'Afrique du Sud, Nelson Mandela est élu président. En 1964, le leader de l'African National Congress (ANC) avait été condamné à la prison à vie. Il était alors devenu l'un des prisonniers politiques les plus célèbres du monde et de nombreuses campagnes avaient été menées pour sa libération. En 1990, après 27 ans de captivité, il avait été libéré par le président De Klerk, avec lequel il était parvenu à s'accorder sur l'instauration d'un régime démocratique. Après les élections, De Klerk occupera le poste de vice-président jusqu'en 1996.

1995

24 juin

L'Afrique du Sud retrouve son honneur
Nelson Mandela arbore fièrement le maillot de son équipe qui fête son retour sur la scène du rugby international par une victoire. En effet, exclue des compétitions jusqu'en 1992 à cause de l'Appartheid, l'Afrique du Sud participe pour la première fois à la coupe du Monde et l'emporte sur la Nouvelle-Zélande en finale avec une équipe "mixte". Malmenée en demi-finale par l'équipe de France, elle commet un parcours sans faute et passe outre le phénomène Lomu, nouvelle star All Black.

 

Source : L'internaute

Lettre de Toussaint LOuverture à Napoléon Bonaparte, récusant le pouvoir désigné de Leclerc sur Ayiti.

Courrier remis en mains propres à Leclerc aux fins de transmission

 

Citoyen Consul,

 

Votre lettre m'a été transmise par le citoyen Leclerc, votre beau-frère, que vous avez nommé capitaine-général de cette île, titre qui n'est point reconnu par la constitution de Saint-Domingue. Le même messager a rendu deux enfans innocents aux embrassemens et à la tendresse de leur père. Mais quelque chers que me soient mes fils, je ne veux point avoir d'obligation à mes ennemis, et je les renvoie à leurs-geôliers. Les forces destinées à faire respecter la souveraineté du peuple français, ont aussi effectué une descente; elles répandent partout le carnage et la.dévastation. De quel droit veut-on exterminer, par le fer et par le feu, un peuple grossier, mais innocent? Nous avons osé former une constitution adaptée aux circonstances. Elle contient de bonnes choses, comme vous en convenez vous-même ; mais il s'y trouve aussi, dites-vous, des articles contraires à la souveraineté du peuple français. En quoi consiste donc cette souveraineté? quelle est son étendue? Doit-elle être sans mesures et sans limites ?

 

 Saint-Domingue, cette Colonie, qui fait partie intégrante de la république française, aspire, dit-on, à l’Indépendance. Pourquoi non? Les Etats-Unis d'Amérique ont fait comme nous ; et avec l'assistance du gouvernement français , ,ils ont réussi à consolider leur liberté. Mais répondez-vous, il y a des défauts dans votre constitution. Je le sais. Quelle institution humaine en est exempt? Néanmoins, je suis persuadé que le système que vous avez adopté pour votre république, rien ne peut garantir, d'une manière plus certaine, la liberté individuelle ou politique, la liberté de la presse, les droits de l'homme. Le poste élevé que j'occupe n'est pas de mon choix ; des circonstances impérieuses m'y ont placé contre mon gré. Je n'ai pas détruit la constitution que j'avais juré de maintenir. Je vis cette malheureuse île en proie  à la fureur des factieux. Ma réputation, ma couleur, me donnèrent quelque influence sur le peuple qui l'habite ; et je fus, presque d'une voix unanime, appelé à l'autorité. J'ai étouffé la sédition , apaisé la révolte, rétabli la tranquillité ; j'ai fait succéder le bon ordre à l'anarchie; enfin, j'ai donné au peuple la paix et une constitution.

 

Citoyen consul, vos prétentions ont-elles fondées sur des titres plus légitimes ? Si le peuple ne jouit pas ici de toute la liberté qu'on trouve sous d'autres gouvernemens, il en faut chercher la cause dans sa manière de vivre, dans son ignorance et dans la barbarie inseparables de l'esclavage. Le gouvernement que j'ai établi pouvait seul convenir à des malheureux, à peine affranchis d'un joug oppresseur; il laisse en plusieurs endroits, pris au despotisme, nous n'en saurions disconvenir; mais la constitution de la France, celte partie la plus éclairée de l'Europe, est-elle tout-à-fait exempt de ces inconvéniens ? Si trente millions de Français trouvent, comme je l'entends dire, leur bonheur et leur sécurité dans la révolution du 18 brumaire, on ne devrait pas m'envier l'amour et la confiance des pauvres noirs, mes compatriotes. La postérité décidera si nous avons été obéis par affection, par apathie ou par crainte. Vous offrez la liberté aux noirs en disant que, partout où vous avez été, vous l'avez donnée à ceux qui ne l'avaient pas. Je n'ai qu'une connaissance imparfaite des événements qui ont eu lieu récemment en Europe, mais les rapports qui me sont parvenus ne s'accordent pas avec cette assertion. La liberté dont on peut jouir en France, en Belgique, en Suisse, ou dans les républiques Batave, Ligurienne et Cisalpine, ne satisferait jamais le peuple de Saint-Domingue. Nous sommes loin d'ambitionner une pareille indépendance.

 

Vous me demandez si je désire de la considération, des honneurs, des richesses. Oui, sans doute, mais je ne veux point les tenir de vous. Ma considération depend du respect de mes compatriotes, mes honneurs de leur attachement, ma fortune de leur fidélité. Me parle-t-on de mon agrandissement personnel, dans l'espoir de n'engager à trahir la cause que j'ai embrassée ? Vous devriez apprendre à juger des autres par vous-même. Si le monarque qui sait avoir des droits au trône sur lequel vous êtes assis, vous commandait d'en descendre, que répondriez-vouS?..... La puissance que je possède est aussi légitimement acquise que la vôtre ; et la voix unanime du peuple de Saint-Domingue peut seule me forcer à l'abandonner. Elle n'est point cimentée par le sang. Les hommes cruels, dont j'ai arrêta les –persécutions, ont reconnu ma clémence. Si j'ai éloigné de cette île certains esprits, turbulens qui cherchaient à entretenir le feu de la guerre civile, leur crime a d'abord été constaté devant un tribunal compétent, et enfin avoué par eux-mêmes. Est-il quelqu'un d'entre eux qui puisse dire avoir été condamné sans être entendu ? Cependant, ces mêmes hommes vont revenir encore une fois ; ils vont déchaîner de nouveau les assassins de Cuba pour nous dévorer, et ils osent prendre le nom de chrétiens!

 

Pourquoi vous étonnez-vous de ce que j'ai protégé la religion et le culte du Dieu créateur de toutes choses! HélasI j'ai toujours honoré et glorifié cet Etre plein de douceur, dont la parole sacrée n'a, que depuis peu, trouvé grâce auprès de vous. C'est dans son appui que j'ai cherché ma consolation au milieu des périls , et jamais je n'ai été trompé dans mes espérances. Je suis, dites-vous, responsable devant lui et devant vous des massacres qui se commettent dans cette île infortunée; j'y consens.

 

Que notre sort dépende de sa justice ! qu'il décide entre moi et mes ennemis ; entre ceux qui ont violé ses préceptes et abjuré son saint nom, et l'homme qui n'a jamais cessé de l'adorer.

 

Signé TOUSSAINT LOÙVERTURE.

 

Extrait de l’ouvrage Débarquement de la flotte française à Saint-Domingue, faisant suite aux Révolutions de cette île. Révolte des nègres. Paris 1803. Archives de la Marine Francaise. Pages 23-24-25-26-27

Credit : Norluck Dorange

Commentaires : 2
  • #2

    mineto mario (mardi, 31 mars 2015 06:42)

    Bonjour,

    Bel article que vous avez rédiger là. Je suis particulier exerçant dans le domaine de la rédaction web. Je suis à la recherche de belles plumes africaines pour rédiger des articles divers pour des milliers de sites web. Un travail bien entendu rémunéré. Je vous propose donc de rejoindre mon équipe de rédacteurs si vous êtes intéressé. Merci de me répondre par mail à l'adresse minetomario@gmail.com.

    Cordialement

  • #1

    LeTransparent (vendredi, 27 septembre 2013 07:58)

    Ce grand Homme ! Ce fervent diplomate ! Cet inegalable stratege ! Ce grand esprit ! Ce modele ! Enfin, ce reve devenu realite...

50 ans apres, quelle conclusion peut-on tirer? MERCI, a ce grand Homme MLKJ...

I HAVE A DREAM !!! version francaise

"Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation.

Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Émancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité.

Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays.

C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur.

Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.

Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel.
Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.

Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.

Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière.

Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes.
Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. 

Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable.

Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice.

Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Georgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir.
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.

Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.
Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.

Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai.

Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire ! 
Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’Etat de New-York ! 
Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie ! 
Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado! 
Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie !
Mais cela ne suffit pas.

Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Georgie ! 
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee !
Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi ! Du flanc de chaque montagne, que sonne la cloche de la liberté !

Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”."

Martin Luther King Jr, le 28 août 1963


 

Haïti-Sénégal : Les boursiers haïtiens, auront-ils accès à un Master ?

 
Vue du Centre des Oeuvre Universitaires de DakarCredit photo Wilney Taris

Vue du Centre des Oeuvre Universitaires de Dakar
Crédit photo Wilney Taris

Arrivés au Sénégal le 10 octobre 2011 suite au séisme dévastateur qui a ravagé Haïti le 12 janvier 2010, les étudiants haïtiens, boursiers du gouvernement sénégalais, intègrent de mieux en mieux le système éducatif de la teranga. Toutefois, ils se disent inquiets pour la fin de leurs études, vu la contrainte qui leur est faite par les autorités haïtiennes de rentrer en Haïti, malgré la volonté exprimée par celles du Sénégal de les garder jusqu’au niveau de Master.

A mon avis, rencontrer un étudiant haïtien à Dakar est la chose la plus facile au monde, mais lui arracher une interview est l’exercice la plus pénible à laquelle on peut se prêter. Il m’a fallu expliquer aux étudiants tout sur mon passage à Dakar avant qu’ils n’acceptent d’échanger quelques mots avec moi.

Accueillis dans une communauté majoritairement musulmane, les étudiants haïtiens n’ont pourtant pas pris beaucoup de temps à intégrer la société sénégalaise. D’après ces derniers, le Sénégal a beaucoup de point en commun avec Haïti au niveau culturel. Ce qui leur a permis de s’intégrer dans la société Sénégalaise sans grande difficulté.

« Notre priorité, ce sont les études, donc pas le temps de nous attarder sur les difficultés », me déclare Janine en empruntant la voie qui emmène à la résidence Claudel où elle et d’autres étudiants sont logés.

Sur le campus, il est difficile de différencier les nationalités, tous les étudiants se ressemblent. Dans ma quête de trouver un Haïtien, en y arrivant, je me suis trompé à plusieurs reprises. J’interpelle des Africains que je croyais être, au préalable des Haïtiens. Les étudiants me le confirment : Il n’y a pas de discrimination. « les autorités nous traitent comme des Sénégalais. Nous payons les mêmes frais qu’eux, nous avons une allocution équitable tous les mois ».

Les étudiants haïtiens ont pu bénéficier de ces bourses à la faveur d’un élan de solidarité entre le gouvernement d’alors dirigé par Abdoulaye Wade et le peuple haïtien. Ce que l’opposition Sénégalaise de l’époque a vivement critiqué, en mettant en avant la difficulté des jeunes sénégalais à poursuivre leurs études universitaires.

Mais contrairement à ce qu’on pourrait attendre avec l’arrivé de Macky Sall au pouvoir, les étudiants haïtiens continuent de bénéficier des mêmes avantages.

Si entre les responsables des universités de Dakar et les étudiants haïtiens tout va bien, la réalité est différente entre ces derniers et les représentants haïtiens, à en croire les déclarations de plusieurs d’entre eux qui se disent inquiets pour la suite de leurs études.

« Dans le système sénégalais, avoir une licence ne veut rien dire. C’est comme une initiation générale à une discipline, normalement il faut avoir au moins un master », m’explique Pascal, étudiant en droit.

« Les universités sont prêtes à nous garder, mais les responsables haïtiens nous contraignent de partir dès qu’on termine avec le premier cycle », ajoute Pascal qui se dit déterminé à mener les démarches nécessaires pour y rester et continuer ses études.

« Dans un pays où la capacité d’accueil de nos universités est très faible, des étudiants sont contraints de rester au pays malgré la volonté d’un pays ami de les accueillir », me déclare Jeanine en empruntant la voie qui emmène à la résidence Claudel où elle et d’autres étudiants sont logés.

L’exemple de Jacques

« Les responsables de l’université m’avaient donné une préinscription suite à mes deux années d’études, pour lesquelles j’avais décroché un diplôme de technicien en génie civil. Malgré cette préinscription, la commission m’a contraint de partir », me raconte Jacques sous un air révoltant.

Dès son arrivée en Haïti, il a vu son billet de retour vers le Sénégal bloqué, sa demande d’avoir une lettre de recommandation pour l’obtention du visa de transit refusée.

« Je me suis fatigué avec les différentes visites au Ministère des Affaires Etrangères (MAE) pour avoir cette lettre qui m’a été refusée au préalable par la commission, avant qu’un particulier, voyant ma détermination pour les études, ait décidé de m’aider à trouver cette lettre », continue Jacques tout en « remerciant Dieu » qui lui permet aujourd’hui de poursuivre ses études en génie civil.

« Aujourd’hui, ils (les responsables) ne savent rien de moi mais Dieu prendra soin de moi », a conclu Jacques.

 

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LES VERTUS EXTRAORDINAIRES DU GOMBO : MIEUX QUE LE VIAGRA, LE GOMBO !



LES VERTUS EXTRAORDINAIRES DU GOMBO : MIEUX QUE LE VIAGRA, LE GOMBO !
Pitance réservée aux esclaves noirs des Etats-Unis, le gombo est considéré comme un aliment réservé aux pauvres. Selon les régions, il se consomme en soupe, en sauce, en salade etc. Mais, c’est sans connaître les vertus nutritionnelles et médicinales dont la nature providence a pourvu ce légume de couleur vert foncé à la peau ferme et recouverte d’un duvet soyeux. 

QUELQUES USAGES DU GOMBO 

Il a été découvert que cet aliment, ayant une forte concentration de vitamine " A ", est extrêmement bénéfique pour renforcer le muscle cardiaque et augmenter ainsi les sécrétions des glandes sexuelles, que ce soit chez l’homme ou la femme. Une sérieuse alternative au viagra, sans les effets indésirables. 

le gombo entre dans la composition de divers produits pharmaceutiques. Ainsi, on utilise le mucilage substance visqueuse semblable à la gélatine) de ce légume pour fabriquer de la «pâte de Nafé» et du «Sirop de Nafé», deux produits pharmaceutiques utilisés comme pectoral contre les rhumes et les affections de la poitrine. Dans un article précédent, j’expliquais les bénéfices de ce même mucilage pour les cheveux naturels. 

Aux Antilles, on attribue au gombo la vertu d’apaiser les troubles gastro-intestinaux dus à l’abus de l’alcool. Les propriétés antispasmodiques et le magnésium contenu dans ce légume auraient aussi un effet bénéfique sur le syndrome prémenstruel. Riche en fibres, le gombo est un allié de la digestion et a également un effet laxatif atténué par les propriétés antispasmodiques. Il combat la constipation s’il est consommé régulièrement en soupe, tandis que consommé cru, il soigne l’incontinence urinaire. 
Les feuilles du gombo possèdent également des vertus. Ainsi, écrasées dans l’eau de bain, elles tonifient et leur jus soigne une peau irritée. En complément avec les fleurs et préparées en bain-marie, elles soulagent les ampoules aux pieds et aux mains. 

La tisane faite avec les graines sèches du gombo est diurétique, elle aide à combattre les cystites et la dysenterie, l’irritation des intestins, l’hypertension, le diabète et les fièvres. Pour soigner la fièvre, on recommande de griller les graines sèches en poudre et de les faire bouillir quelques minutes pour donner aux enfants sous la dose d’une à trois cuillères à soupe. 
En cas de constipation, couper le gombo vert en petits morceaux glissants. Les faire bouillir et boire. Les adultes doivent boire le liquide obtenu le matin et à midi. Le fruit contient une substance mucilagineuse utile pour épaissir soupes et ragoûts. Par ailleurs, les chercheurs Nutritionnistes attribuent au gombo la vertu de faire baisser le taux du cholestérol de 30 à 50%. 


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“ANIMAL POLITIQUE” de Gary Victor

Il fait bon ton, par ce temps morose où les invertébrés passent au rose, d’être traité d’animal politique. Encore qu’on aurait besoin désespérément d’un homme politique et pas d’un animal. Il est toutefois important de se rappeler qu’il y a animal et animal. Il y a ceux qui ont la faculté de prendre la couleur du lieu et du moment comme les caméléons. Il y a ceux qui sont capables de toutes les pirouettes pour une banane comme les macaques.
Il y a ceux qui sont experts dans le lancement des pelures de bananes sous les pieds de ceux qui dansent, qui glissent à la suite du chef, sans se soucier de la précarité de la position du moment. Il y a l’animal aussi qui lèche toujours dans le sens du poil. Il y a l’animal qui rampe toujours, incapable de lever la tête ne fût-ce qu’un moment vers l’astre du jour. Le point commun de tous ces animaux, c’est qu’ils n’ont aucune conscience du lieu où ils se trouvent. Ils se contentent de bouffer, de forniquer, de montrer des dents dès qu’un autre animal risque de leur enlever la nourriture de la gueule.

On aurait bien apprécié, dans ce pays où les hommes sont incapables de prendre de la hauteur pour avoir un peu de vision, un aigle en politique. L’aigle habite les hauteurs, pas sous les tonnelles. L’aigle se laisse porter par les courants de haute altitude. Ici, nous nous laissons bercer par les relents fétides du Bois-de-Chêne. Le lion ? Il ne faut pas y penser. Il a trop de grâce. Le lion a été le symbole de la royauté. Pas celui des petits chefs et des comédiens qui ne se soucient nullement de savoir si la barque nationale fait eau de toute part, dans la mesure où leurs gamelles sont pleines à ras bord.

L’animal politique, épouvantable réalité, est devenu cependant chez nous un modèle. Un modèle de délinquance légale. Un modèle d’escroc, de pirate, de menteur. La fourberie est son arme de prédilection. Un véritable malade mental, obsédé de pouvoir, qui pense être à même de rouler le monde éternellement. Il ne comprend pas, heureusement, que son intelligence souvent se mesure à l’aune de la stupidité des autres. Un jour, forcément, il s’emmêlera dans ses magouilles et il se retrouvera les quatre fers en l’air. Il lui faudra alors de sérieuses qualités athlétiques pour se relever, détaler et avoir le temps de prendre l’avion que les complices étrangers, toujours reconnaissants envers leurs domestiques, enverront toujours pour rassurer la seconde vague d’animaux politiques.

À force d’être attachés au passé de manière névrotique, incapables de travailler et de penser pour demain, nous aimons, par paresse intellectuelle, retourner à nos vomissures. On n’a qu’à entendre opiner certaines gens et malheureusement même nos jeunes. Duvaliérisme… Lavalas. Comme si nos neurones sont tétanisés par un virus qui les fait fonctionner seulement en mode marche arrière.

Mais s’il y a une intelligence qui se développe alors que le pays continue à reculer, c’est bien celle qui consiste à utiliser toutes les postures politiques pour dévaliser la nation. Beaucoup de parlementaires développent une stupéfiante expertise en ce sens. Des tas de gens rêvent d’un chantage légal pour faire casquer celui-ci ou celui-là. Au niveau de l’exécutif, on n’est pas en reste et on prépare ses batteries pour tenter tout ce que les autres avant ont aussi vainement tenté : perdurer au pouvoir pour engranger à vie. Nous tous Haïtiens, paradoxe effarant, pouvons-nous souhaiter, au rythme où vont les choses, que l’avenir soit rose ou, pire, bleu ou couleur de boue ?

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